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La Gardienne du phare 2.JPG
La Gardienne du Phare.JPG

Tous ces bateaux tordus,

Ces monstres saouls de mers,

Ces moussaillons en vrac sur le brouillon des vagues,

C'est marre, cette lumière

Qui tourne et les détourne du songe où ils divaguent,

Dans leur nuit sombre encore,

La hantise du pied ferme,

Appréhendez, fantômes, la semelle et le sable

La poursuite qui sème vos ombres en l'au delà

Vos âmes affriolées

Vos voix: " nous y voilà "

J'ai déplacé ma couche et tamisé l'ambiance,

Ne craignez plus le feu maussade désormais

Mes cuisses brûlent dans le faisceau

Vos yeux, l'élan de vos vaisseaux

L'ombre chinoise de mon corps nu, auréolée d'étoiles,

Se branle dans le ciel suspendu

Lapant vos bâtiments,

Ondulant en lapdance à vos mât triomphants

Et aux "nous y voilà",

Je cauchemarde des orages

Me maudissant parfois d’espérer le naufrage

Et les cris éconduits

Je m'emmerde de toute façon

Regardez-moi maintenant,

Je m'imagine, projetée sur la nuit et remuant le cul,

Je suis la chair qui t'attend au bordel du coin, je danse

Je suis la peau de l'épouse, sombre d'avoir perdu les effets de la paume, je danse

Je suis la grosse au bar avec ses gros seins qui attend ta tournée et l'ivresse qui l'allonge, je danse

Et la ville me regarde

J'entends déjà les pudibonderies

Les " que fait-elle? " au fond des carrés blancs,

Leur bite est petite et ils songent aux sirènes

 

Ils s'excuseraient de leur impuissance, je les consolerais, ce n'est pas grave ! serrons-nous l'un contre l'autre, ça reviendra, et attendons l'aurore, ils murmureraient déjà le "rendez-nous la lame", une berceuse et je plonge,

Ils partent, enivrés du vertige, sur une pointe honteuse de pied, chancelant sur le par-terre trop stable, titubant sur cette terre trop plate qu'ils ne comprennent pas

LE PHARE

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